Avec Ka In, j’ai assisté à un spectacle d’une grande maîtrise technique. Les treize circassiens sont impressionnants, les acrobaties spectaculaires, l’engagement indéniable.
Pourtant, malgré cette virtuosité, je suis resté à distance. Il m’a manqué un supplément d’âme, quelque chose qui dépasse la démonstration.
Avec une troupe venue de Tanger, je m’attendais à percevoir davantage de marqueurs d’une identité marocaine affirmée. Le spectacle choisit un langage plus universel, mais aussi plus lisse, qui m’a laissé sur ma faim.
Avec un collectif venu de Tanger, on espère percevoir des marqueurs plus affirmés d’une identité marocaine, des références culturelles, esthétiques ou symboliques qui viendraient nourrir la proposition. Or, Ka In semble parfois lisser ces possibles aspérités au profit d’un langage acrobatique plus universel, mais aussi plus neutre.
La scène devient alors un espace de démonstration où la performance prime sur le récit ou l’émotion. Les corps impressionnent, mais peinent à raconter autre chose qu’eux-mêmes. Le spectacle avance sans véritable point d’ancrage, laissant le spectateur à distance, dans une position d’observateur plus que de participant. Il faut néanmoins saluer le travail sur la lumière, la proposition en clair-obscur qui donne une profondeur intéressante aux performances de la troupe.
Ka In demeure ainsi une proposition solide sur le plan technique, portée par des artistes de haut niveau. Mais elle laisse un goût d’inachevé, comme si la richesse potentielle de l’identité de la troupe n’avait pas été pleinement exploitée. Une création qui impressionne, sans parvenir à convaincre totalement.