Je suis allé à l’Auditorium de Seynod dans le cadre du festival Jazz Contreband   curieux de découvrir le fruit de la rencontre entre le Rabih Abou-Khalil Group et Elina Duni. Très vite, la soirée a pris une tournure particulière, presque hypnotique.

La musique s’installe lentement, laissant le temps aux sons de se poser. Les influences orientales portées par Rabih Abou-Khalil se mêlent à un jazz ample, respirant, jamais démonstratif. Tout semble circuler avec fluidité, comme si chaque musicien cherchait avant tout l’équilibre collectif.

La voix d’Elina Duni devient alors un point d’ancrage. Elle ne force rien, ne surjoue pas l’émotion. Elle dit, simplement, avec une intensité contenue qui capte immédiatement l’attention. Les poèmes de Théophile Gautier, parfois très sensuels, parfois plus frontalement osés, trouvent ici une résonance inattendue. La musique les accompagne sans les illustrer, les laissant exister pleinement.

Ce qui me marque le plus au fil du concert, c’est l’énergie qui se dégage du groupe. Une énergie calme mais profonde, faite d’écoute, de regards, de respirations partagées. Les vibrations sont là, bien réelles, et gagnent peu à peu la salle.

Je ressors de cette soirée avec le sentiment d’avoir traversé un moment suspendu, où le jazz, la poésie et les émotions se sont rencontrés sans artifice. Une proposition généreuse, habitée, fidèle à l’esprit du festival, et qui continue de résonner bien après la fin du concert.

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