Hiddo Dhawr – Sahra Halgan
Je ne vais pas vous mentir , jusqu’à ce concert de Sahra Halgan à l’Auditorium de Seynod, j’aurais été bien été incapable de citer un artiste provenant du Somaliland. A vrai dire, je n’aurai surement pas plus été capable de situer précisément ce pays indépendant depuis 1991 mais non reconnu par la communauté internationale. Et je dois vous avouer que j’ai été très agréablement surpris par cette découverte.
Sahra Halgan
Sahra Halgan est une artiste iconique du Somaliland, , ancien protectorat britannique du nord de la Somalie. Petite fille de chanteur et poète, elle se consacre au chant et à la musique à l’adolescence, bravant les conventions tribales et familiales. C’est dans le contexte de la guerre en réaction à la terrible répression du dictateur Siad Barre, dans les années 80, que Sahra prend son surnom de « Halgan », la combattante, et que ses chansons gagnent à jamais le cœur de tout un peuple. Improvisée infirmière sur le front, elle chante pour soigner les blessés et encourager les combattants. En exil, elle a créé un groupe qui nous revient ici avec leur troisième album, Hiddo Dhawr (« préserve la culture »), en référence au lieu que Sahra Halgan a construit dans sa ville natale Hargeisa, consacré à la musique et la poésie. Ce troisième disque place plus que jamais une musique séculaire au cœur d’une modernité hors normes, hors modes et hors âges. Poésies traditionnelles du fond des siècles, chansons de fête et de danse, chansons d’amour, revendications politiques, autant de terrains où la voix de Sahra Halgan déploie toute sa chaleur.
Un assemblage étonnant
Le chant et la voix sont clairs et portent avec une certaine évidence les marqueurs de la péninsule arabique. Les percussions viennent conforter et renforcer cette évidence musicale, mais le clavier et la guitare nous rappelle que Sahra Halgan sa obtenu l’exil en France. Quand on les écoute seules, on retrouve des ambiances très rock, très européennes qui nous rappelle les meilleurs influences de groupes anglais en particulier. Et l’assemblage de ces deux cultures donne un résultat vraiment très étonnant et très réussi. C’est comme si Sahra Halgan avait eu à cœur de rapprocher son pays natal et sa sa terre d’exil avec sa musique. On comprend comment le trio rock qui porte l’interprête a permis à Sahra Halgan de placer le Somaliland sur une carte du monde.