3h33 in my room – Chris Fargeot

Tout au long de la saison, l’auditorium de Seynod nous propose de découvrir les jeunes chorégraphes qui
marquent l’arrivée d’une nouvelle scène dans le paysage artistique français. Les rendez-vous « nouvelle-génération » sont une occasion de découvrir la richesse de ce plateau émergent soigneusement choisi par les équipes de l’Auditorium de Seynod. C’est un rendez-vous qui , à mon sens , doit s’inscrire dans la durée au fil des années à venir pour avoir l’opportunité de voire grandir ces artistes. Le premier de ces rendez-vous était dédié à Chris Fargeot et Carmel Loanga. Retour sur la performance de Chris Fargeot.

Chris Fargeot

Née en 1996, Chris Fargeot débute un parcours marqué par une combinaison d’apprentissage académique et autodidacte. Après des années au conservatoire en danse classique, elle s’oriente vers les danses Hip-Hop et se spécialise en break.
Depuis 2018 elle est interprète pour divers chorégraphes tels que Carmel Loanga, Sandrine Lescourant et Ousmane Sy.

Dans une constante recherche et évolution elle souhaite aujourd’hui partager son univers à travers la création et la transmission. En 2024 elle intègre le dispositif  IADU (Initiatives d’Artistes en Danse Urbaine ) pour jeunes chorégraphes à la Villette  pour deux ans. Elle crée  alors « 3h33 in my room (through the window) » avec Ulysse Zangs

On la retrouve aussi dans la distribution de Témoin de Saïdo Lehlouh, One Shot d’Ousmane “Baba” Sy et Narcisse de Marion Motin.

Plus qu’un solo

Dans la présentation d’avant spectacle, 3h33 in my room est présentée comme un solo mais c’est bien plus que cela. C’est de toute évidence un dialogue constant entre la danseuse et le musicien. On a du mal à percevoir qui inspire l’autre tellement l’alchimie est naturelle. Elle est d’autant plus remarquable que les deux artistes, Chris Fargeot et Ulysse Zangs laissent une grande place à l’improvisation dans leur interprétation respective.  La prestation est d’une grande fluidité jusqu’à faire oublier qu’il y a un corps qui danse. On a parfois le sentiment que Chris Fargeot écrit la partition d’Ulysse Zangs en direct avec ses mouvements. On a parfois l’impression d’avoir deux partitions qui se croisent, se décroisent, se superposent et s’éloignent tout en étant en parfaite harmonie.

A travers la fenêtre

Comment ne pas mentionner également le travail remarquable de Marine Stroeher qui réalise une mise en lumière absolument splendide. 3h 33 in my room (through the window) est une invitation dans l’intimité, un regard jeté à travers une fenêtre éclairée en pleine nuit. C’est grâce au jeu de lumière proposé par Marine Stroeher qu’on pénètre dans la chambre de la chorégraphe Chris Fargeot. C’est ainsi qu’on regarde « à travers la fenêtre » sa proposition.  A tel point que certains regards experts ont interrogé la chorégraphe sur le choix des couleurs de sa tenue, sombre en bas et claire vers le haut. On comprend à cette question que cette personne aurait voulu admirer la technique de pieds de la chorégraphe. La technique ici est volontairement mise au second plan pour privilégier la fluidité du mouvement.

 

En attendant la suite

J’ai vraiment été très séduit par l’esthétisme d’ensemble proposé par ce trio et coordonné par Chris Fargeot. C’est une vraie chance de pouvoir découvrir des artistes émergents .J’espère de pouvoir les revoir plus tard dans leurs parcours.

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