De l’air dans les mots – Pat Kalla

Dans le cadre des 25 ans du festival Paroles en Éclats, Pat Kalla livrait De l’air dans les mots, son tout premier opus pensé pour le jeune public — un rendez-vous qui, l’espace de cinquante minutes, a su faire de cette place du centre-ville d’Annecy un petit monde à part. ‘ai eu le bonheur d’y assister avec mes enfants et j’en redemande.

Conter en chantant, chanter en contant

« De l’air dans les mots, la mer dans mes notes, je m’envole avec petits et grands » : le titre du spectacle résume à lui seul le projet de Pat Kalla, chanteur et conteur qui a puisé, pour cette création, dans les saveurs de la Réunion, de l’Afrique, de l’Amérique Latine et des Caraïbes. Sur scène, la frontière entre chanson et conte s’efface a les histoires se glissent naturellement dans les mélodies, les mélodies prolongent les récits, sans jamais de rupture ni d’effet appuyé. On ne sait plus, à un moment, si l’on écoute une chanson ou si l’on nous raconte une histoire — et c’est précisément ce glissement permanent qui fait toute la réussite du spectacle.

Ce qui frappe, c’est la richesse de ce que Pat Kalla parvient à tenir ensemble : les couleurs musicales multiples de ses origines, une vraie complicité avec les enfants du public, une poésie du propos qui parle de migration et d’humanité commune sans jamais être démonstrative, et une énergie qui, à intervalles réguliers, donne irrésistiblement envie de se déhancher. Son message tient en une phrase simple mais désarmante : « migrants, les humains sont tous dans le même sac » — et la couleur de la musique, dit-il, reste toujours la même quand elle est tournée vers l’autre.

Entre danse et recueillement

Sur la Place des Cordeliers, l’ambiance oscillait sans cesse entre ces deux pôles : des moments de danse collective, où petits et grands se laissent emporter par le groove réunionnais et latino, et des instants de silence plus recueilli, quand le conte prend le dessus et que la mélancolie ou la réflexion affleurent sous la légèreté apparente. Ce va-et-vient permanent entre joie et gravité, entre danse et écoute, est sans doute la plus belle réussite du spectacle : donner à ressentir, sans jamais l’asséner, cette idée que la musique du monde nous rassemble bien plus qu’elle ne nous sépare.

On a dessiné des soleils, des papillons. et on a dansé comme de grenouilles sur des rythmes chaloupés. Et ça fait du bien ! Un grand merci à la MJC Archipel Sud de nous avoir proposé cette parenthèse pleine de soleil et de bonne humeur indispensable en ces temps perturbés. Comme on dit communément, le spectacle de Pat Kalla devrait être remboursé par la sécurité sociale tellement il nous fait du bien.

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